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    Le plus vieux souvenir que je garde est celui des trains de mes frères.

    Tout d'abord un train Hornby en 0 avec le rail central et en courant alternatif 24V. Un courant que l'on sentait bien passer quand on mettait la main sur les rails. Ensuite c'est l'odeur des moteurs électriques des locos Jouef. Le nez posé sur la table de la salle à manger (on ne l'appelait pas living à cette époque) où était installé un "circuit". Les rails étaient marrons avec des aiguillages manuels actionnés par des boutons rouges. Les 030 Jouef étaient les locos idéales pour débuter. Deux de mes frères en avaient reçu une du Père Noël. Mais l'une des deux locos était câblée à l'envers des autres et avec un croisement dans le circuit la collision était garantie.


    Mon premier train est arrivé un jour de noël. Un Décauville Jouef.
    En plus de la boite de départ, des rails et aiguil lages complétaient le cadeau. J'avais 10 ans et mes yeux brillaient devant cette nouveauté à l'échelle 1/160ème (N). Mon père monta un circuit sur la table et pris les commandes de pilotage sur un transformateur électrique gris de la même marque. La loco émit un petit bruit strident et s'élança avec son train de voitures pour voyageurs.  Mon premier train serait donc en "N"  et de la marque Jouef.

    Certes le train électrique était le cadeau classique pour noël dans les années 50/60. A cette époque il était encore possible de voir circuler des trains à vapeur. A l'heure des congés payés, je passais une partie de mes vacances près de Nancy. Ma première escapade fut d'aller jusqu'à la gare de Jarville Lamalgrange à pied ou en patinette. Là, la passerelle qui enjambait les voies m'invitait dans l'attente d'un train. La cloche de la gare annonçait bientôt l'arrivée d'un prochain train. La fumée dégagée par la loco confirmait l'approche imminente du convoi. En m'installant juste au dessus de la voie, j'étais assuré d'être enveloppé par le panache de la fumée. Quelle bonne odeur que celle de ces volutes ! Les vibrations du train envahissaient toute la passerelle disparue pour un temps dans la fumée. Ce souvenir restera gravé pour revenir plus de trente ans après et faire renaître la passion du train miniature.

     

    Avant même sa naissance, mon fils avait son train et pour changer au format 0.La marque Faller venait de sortir son e-train en France. En plus du train, la marque allemande proposait un circuit de voiture Autoland au même format. Un passage à niveau permettait de croiser ces deux mondes. Une gare, ses maisons, des garages et toutes sortes de rails et de routes agrémentaient cet univers tourné vers le jeu. A tout cela venait s'ajouter une collection de Schroumphs qui prenaient bientôt place dans le jeu. Le réseau traversait toute la maison pour le plus grand plaisir de mon fils et de sa mère bien sur. Les deux trains du départ ont été rejoints par d'autres engins moteurs mais bien plus tard. Ceci est une autre histoire qui sera décrite dans les articles de ce blog.



    C'est une BR01 Märklin qui a fait ressurgir en moi le souvenir bien enfoui du petit train .

     

    Une vieille loco de type vapeur  toute en métal (zamac) bien lourde et avec en prime une cheminée qui fume. Quelques wagons accompagnaient cette vieille dame qui ne demandait qu'à se dégourdir les bielles depuis si longtemps figées. C'est après la tempête du siècle de décembre 1999 que me pris l'envie de faire changer la toiture de notre maison. Cet évènement fit germer l'idée d'un réseau qui prendrait place dans le grenier. Petit à petit et durant toute une année, j'entassais du matériel ferroviaire nouvellement acquis dans cette optique. La voie métalique Märklin bien qu'un peu dépassée, restait la plus abordable du marché sur le plan financier. J'ai ainsi accumulé 2000 rails, aiguillages, TJD, croisements, butoirs, rails de dételage ainsi que d'autres rails divers.


     

    J'ai réalisé le plan de ce qui allait devenir mon premier réseau HO. Pour cela j'ai utilisé l'excellent applicatif Raily 4 qui permet de choisir des éléments graphiques correspondants à la voie réellement utilisée. Dans un premier temps trois niveaux prirent forme. Le plus élevé destiné à accueillir de petits trains est entièrement manuel. Une voie unique avec boucles de retournement à chaque extrémité permet de faire rouler une rame en continue. Une double voie autorise le croisement de deux rames. Le deuxième niveau intermédiaire est un peu plus compliqué. Là aussi une voie unique mais de forme circulaire est "découpée" en plusieurs cantons. Une gare cachée accueille cinq trains. Chaque train entrant dans cette gare cachée libère le train en attente sur la voie suivante. Sept trains peuvent ainsi prendre place sur ce niveau et rouler successivement par l'action des automatismes installés tant sur chaque canton que dans la gare cachée. Le niveau le plus bas reçoit trois réseaux. Le premier est destiné aux trains voyageurs. Il relie deux gares dont la gare centrale. Six trains roulent sur ce réseau selon le système de cantonnement. Une commande électrique que je détaillerai sur ce site, permet de modifier à loisir l'automatisme qui libère les convois. Le deuxième est en forme de huit pouvant donc aller dans deux directions opposées. Il fait également la jonction avec une gare cachée qui héberge une trentaine de trains. Le troisième réseau est de forme circulaire et fait la jonction avec le dépôt. Tous ces réseaux communiquent entres eux. Le détail de chacun d'eux est ou sera donné dans un chapitre spécifique.

    Pour faire un lien avec le réseau de mon enfance et voir rouler le matériel dont je disposais alors, il me fallait installer une voie au 1/160 ème. Afin d'éviter la différence entre les deux échelles (1/160 N et 1/87 HO) je décidais donc de transformer mon N en HOe (1/87 en voie de 60). La voie resterait donc à l'identique mais le matériel roulant devait évoluer un peu. Ce petit tronçon en HOe est un train de mine destiné à transporter le sable extrait vers une estacade ou vers le canal pour transborder la marchandise sur des péniches. Le HOe fait donc la jonction dans le jeu avec le HO. Cette partie sera décrite dans un ou plusieurs chapitres.


    Voici un chapitre d'importance que je dédie au même titre que ce blog aux personnes sans lesquelles ma passion serait restée singulière. A mes parents qui m'ont donné la chance d'avoir "Un amour de petit train".  A mes frères qui pour certains sans le savoir et pour un autre volontairement m'ont transmis l'envie de jouer au train. A mon beau père que je n'ai pas connu mais qui est à l'origine de ce plaisir renouvelé. A Isabelle pour qui les mots me manquent pour lui exprimer ici ma reconnaissance d'avoir laissé libre cours à ma passion. A mes enfants qui ont supporté ou partagé un temps ce loisir. A Michel qui un jour m'a fait voyager dans une célèbre Pacific. A Thierry qui m'a donné sans compter. Je ne pourrais pas terminer (à la date de cette publication) sans oublier de citer une personne sans laquelle je n'aurai pas été au bout de ma passion. Cette personne que chacun souhaite rencontrer un jour sur son chemin et qui vous apporte bien plus qu'un échange sur votre hobby. Merci à vous tous et merci à toi Paul.


    Je présenterai donc au fil de ce blog les pages de mon réseau.

     

    En voiture et bon voyage !

    PS : Photo tirée de l'excellent film "Le Pôle Express"


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